Péréquation alimentaire biorégionale

Introduction

En droit administratif, la péréquation correspond à la « répartition de charges en fonction de critères choisis pour les rendre équitables ». L’article 72-2 de la Constitution indique que « la loi prévoit des dispositifs de péréquation destinés à favoriser l’égalité entre les collectivités territoriales ». Les mécanismes de péréquation entre les communes représentent une méthode d’entraide ayant pour but l’égalité entre les territoires et leur population. Il existe, en France, mais aussi dans d’autres pays, des mécanismes financiarisés de péréquation (Cf. Wiki). Nous pouvons néanmoins imaginer une nouvelle forme de coopération intercommunale reprenant la logique de la péréquation mais cette fois-ci adaptée aux questions d’agriculture et d’alimentation. Les ressources échangées entre les collectivités ne seraient pas financières : la péréquation mobiliserait uniquement les denrées alimentaires produites sur les communes.

De nos jours, dans les pays développés, le système alimentaire est largement globalisé et les agricultures vivrières font office d’exception. Les bassins de production ne sont plus solidaires, spatialement, des bassins de consommations, comme le veut la fameuse « loi du marché », c’est-à-dire les règles du libéralisme économique. La « loi du marché » est une impasse et sa continuation met le Système-Terre et les espèces actuelles, comme la nôtre, dans un péril d’une extrême gravité (déréglement climatique, 6ème extinction de masse de la biodiversité, dégradation des ressources en eau, inégalités sociales, autoritarismes, etc. : Servigne et al., 2015 ; Steffen et al., 2015 ; etc.). Afin de tenir compte des réalités physiques (finitudes des ressources, dépassement de la capacité de charge des écosystèmes, etc.) et sociales (besoin d’égalité, de justice, etc.), le système de péréquation alimentaire territorial doit s’associer pleinement à un processus de Transition qui implique notamment des pratiques agroécologiques et à une reterritorialisation de l’alimentation.

L’objectif de cette étude, réalisée dans le cadre du mémoire de recherche « Autogouvernance de la transition agroécologique à l’échelle biorégionale – application théorique à la biorégion de l’agglomération de Limoges » (Master 2 Géographie « Développement alternatif des territoires, ressources et justice environnementales » à Limoges, 2019/2020) est de poser les bases de ce que serait un système de péréquation alimentaire à l’échelle d’une biorégion centrée sur l’agglomération de Limoges. Afin de répondre aux besoins alimentaires des populations urbaines, périurbaines et rurales, dans un contexte de transition agroécologique et de reterritorialisation de la production/consommation, il s’agit de dresser en premier lieu une cartographie des moyens et des besoins à l’échelle des communes.

Méthodologie

Territoire d’étude

Suivant l’approche de l’école territorialiste italienne et des biorégionalistes, le territoire d’étude choisi correspond dans un premier temps au bassin versant de la Vienne, afin de suivre au mieux les continuités écologiques liées au cycle de l’eau. Cette biorégion, certes centrée sur l’agglomération urbaine de Limoges, intègre d’autres communes peuplées comme Saint-Junien et des territoires ruraux jusque dans la Montagne Limousin.

Échantillonnage & sources de données

Les limites du bassin versant de la Vienne correspondent au secteur hydrographique « La Vienne de sa source à La Goire » (BDTOPO 2018). L’exutoire est donc situé sur la commune de Confolens (Code station : L0940610). Le nombre de communes de la biorégion est donc de 223 (communes actualisées au 1er janvier 2018). Toutes ne sont pas intégralement incluses dans le périmètre du bassin versant. En terme de représentativité de l’échantillonnage, l’ensemble de communes sélectionnées représente une biorégion, en toute hypothèse, capable de subvenir très largement aux besoins de sa population (les données démographiques sont issues du recensement de 2016). Cette méthode d’échantillonnage permet ensuite de resserrer la sélection selon les résultats de l’analyse. Les mesures effectuées sont principalement réalisées à partir des données Insee (2016) sur les communes du territoire d’étude et de la Surface Agricole Utile (SAU), laquelle est déterminée à partir du Registre Parcellaire Géographique (RGP) (éd. 2018). Le RGP (2018) représente le foncier agricole connu et les types de cultures sont déclaratifs. Les données sur les réseaux viaires ferrés utilisés sont en activités au 1er janvier 2018.

Analyses

Cette étude repose essentiellement sur des opérations de traitements informatiques à l’aide de deux outils, l’un de traitement en géomatique QGIS, et le second, une application en ligne développée par Terre de Liens, la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) et le BASIC, PARCEL.

Le processus de transition agroécologique est défini par le passage à une agriculture intégralement biologique, avec -50% de production animale et en visant l’autonomie alimentaire à l’échelle de chaque commune avec des productions équilibrées de céréales, de fruits, de légumes et de produits issus de l’exploitation animale. Les calculs sont réalisés avec PARCEL (Parcours 2) qui tient compte de la « localisation de la production », du « régime alimentaire » et du « type de production ».

Les calculs via PARCEL pour déterminer la production alimentaire théorique (PAT) à partir de la SAU sont réalisés à l’hectare près. L’échantillon de communes sélectionnées pour l’étude est issu d’une requête de recherche spatiale via QGIS où les entités (communes) intersectent le secteur hydrographique.

Étapes de calculs pour la production alimentaire théorique de chaque commune :
  1. Détermination de la SAU sur chaque commune d’après le RGP en hectare (± 1 ha) ;
  2. Application du résultat (1) dans l’outil PARCEL et respectivement pour chaque commune ;
  3. Le résultat (2) en sortie correspond au nombre de personnes dont les besoins alimentaires sont satisfaits, soit la production alimentaire théorique en équivalent-habitant (eqhab) et à ± 10 eqhab près ;
  4.  Le ratio entre (2) et la population communale permet d’évaluer l’autonomie alimentaire théorique par commune. Si le résultat est inférieur à 1, la commune ne peut être autonome avec sa seule SAU. Si le résultat est supérieur à 1, elle peut produire théoriquement d’avantage que ses propres besoins, à population constante.
  5. Le rapport entre la production alimentaire théorique (eqhab) et la SAU (ha) rend compte d’une estimation du potentiel agroécologique d’un sol sur une commune (eqhab/ha).

Dans un premier temps, seule la SAU sera utilisée pour déterminer la PAT (eqhab) sur chaque commune. Une  étude sur le potentiel agroécologique dans les espaces (péri)urbaines sera menée ultérieurement.

Résultats

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Production et autonomie alimentaires théoriques à l’échelle des communes du bassin versant de la Vienne

Après le processus de transition agroécologique et de reterritorialisation de la production, l’ensemble de la biorégion pourrait subvenir aux besoins alimentaires de 766.000 eqhab, soit 209% des besoins par rapport à la population actuelle. Toutefois, 9% des communes ne seront pas en autonomie alimentaire, soit 62% de la population du bassin.

Le rapport entre la production théorique (eqhab) et la SAU (ha) permet de déterminer la productivité théorique des sols par commune. Sur l’ensemble des communes du bassin, la production alimentaire théorique est de 2,9 ± 0,2 eqhab/ha (écart-type relatif de 6,1%, d’où une faible variabilité (<10%)).

eqhab fct auto_alim

Ce graphique montre une différence entre le potentiel agroécologique des sols de Charente et celui des trois autres départements. En effet, les sols des communes de Charente sont les plus productifs avec 3,1 ± 0,3 eqhab/ha, contre 2,9 ± 0,2 eqhab/ha en Haute-Vienne, 2,8 ± 0,1 eqhab/ha en Creuse et 2,8 ± 0,1 eqhab/ha en Corrèze. La qualité des sols est donc globalement similaire en Haute-Vienne, en Creuse et en Corrèze.

Par rapport aux réseaux viaires ferrés, sur les 223 communes du territoire d’étude, 31% des communes du bassin sont traversées par au moins un tronçon de voie ferrée et seulement 18% d’entres elles ont au moins une gare ferroviaire. Les communes traversées par au moins un tronçon de voie ferrée regroupent 69% de la population du bassin, soit env. 254.000 habitant.e.s. 6 communes du bassin, qui ne sont pas traversées par des réseaux viaires ferrés, ne seront pas autonomes du point de vue de leur auto-production alimentaire, notamment, sous le seuil de 0,5, Panazol, Feytiat et Rilhac-Rancon

Discussion

Cette carte donne une indication quantitative sur les unités de flux (en eqhab) à transférer entre les différentes communes de la biorégion urbaine. Dans notre cas, ces unités de flux sont issues des ressources communes alimentaires produites (céréales, fruits, etc.) dans les agroécosystèmes. Au sein d’un système alimentaire, les chaines de productions sont généralement raisonnées en terme de filière (ex. filière blé dur, viande bovine, etc.). Or, dans un modèle permacirculaire & agroécologique, les productions ne peuvent être sectorisées tant qu’elles partagent le même espace (agroécosystème) et sont en interdépendance. Les processus de transformations des productions primaires peuvent toutefois être mutualisés à l’échelle de filières locales (intra-biorégionales).

Les communes ne pouvant atteindre l’autonomie alimentaire avec leur seule SAU sont les plus densément peuplées et les plus urbanisée : aucune commune de plus de 5000 habitant.e.s ne parvient à atteindre une AAT > 1 ; seules 46% des communes entre 2500 et 5000 habitant.e.s atteignent potentiellement leur autonomie alimentaire. Par exemple, la SAU de Limoges n’est susceptible de répondre aux besoins alimentaires que de 3% de sa population. Le déficit est d’environ 130.500 eqhab. Associée aux autres communes de l’EPCI Limoges Métropole, cet ensemble ne pourrait répondre qu’à environ 27,1% des besoins alimentaires de sa population. Les communes de Limoges Métropole sont globalement desservies par des réseaux viaires ferrés. Avec les autres communes du bassin partageant ce réseau, l’autonomie alimentaire de cet ensemble de communes est de 92,4%. Ce résultat souligne qu’avec un système d’échange efficace, basé sur le ferroutage et avec des plateformes de collecte/distribution bien disposées le long de ces axes, la réponse aux besoins alimentaires de déjà 72,6% de la population du bassin serait potentiellement assurée. Les communes pouvant atteindre l’autonomie alimentaire avec leur seule SAU sont essentiellement rurales, donc faiblement peuplées. Elles sont pour beaucoup éloignées des réseaux ferrés, comme à l’Est du bassin-versant de la Vienne, vers la Montagne limousine. Or la transition agroécologique nécessite un grand nombre de personnes formées à ces pratiques, donc de NIMA-culteurs et NIMA-cultrices (NIMA : Non Issu du Milieu Agricole). La logistique des systèmes alimentaires locaux rencontre aussi ce besoin de travail humain supplémentaire par rapport à l’existant. Les infrastructures et les compétences dans les milieux ruraux faiblement peuplés ne sont pas nécessairement au rendez-vous, contrairement aux zones plus peuplées. Les besoins en terme de travail humain seront évaluées dans un travail ultérieur. Il permettra d’identifier le nombre de personnes à former pour assurer le fonctionnement des agroécosystèmes et par commune.

La logistique nécessaire pour la mise en réseau de ces communes et de ces agroécosystèmes (davantage centrés sur l’échelle du hameaux dans les communes rurales) s’appuie donc sur les réseaux viaires présentant certaines qualités dont l’optimisation énergétique (compromis nécessaire entre massification et l’intrication locale des réseaux à l’image de la rhizosphère d’une forêt) et organisationnelle (échelle et organisation des groupes). La plus grande échelle de massification reposerait sur les réseaux viaires ferrés et donc le ferroutage. Les réseaux s’étendent dans une certaine mesure à l’échelle infra-biorégionale mais surtout inter-biorégionale donc avec les autres principaux centres urbains métropolitains et continentaux. A l’échelle de la biorégion, les réseaux viaires ferrés existants ne seront pas suffisants en terme d’intrication territoriale et de modularité des usages (transports des personnes et des marchandises). Ainsi, des chantiers de réhabilitation des petites lignes de ferroutage historiques devront être organisés afin de subvenir aux besoins des communes ayant une autonomie alimentaire inférieure à 1 et tout particulièrement si elles sont isolées comme Bourganeuf en Creuse (auto_alim = 0,91). Les transports routiers ne sont énergétiquement pas optimales pour répondre aux besoins et sont intrinsèquement dépendant du pétrole.

Dans les espaces urbains entourant les plateformes logistiques multimodales comme les gares, des infrastructures types tram-train ou tramway sont envisageables mais demandent, pour leur mise en place, des chantiers plutôt colossaux avec des besoins matériels et humains important dans le cadre d’une politique de restructuration urbaine. De telles mesures doivent nécessairement être pensées et mises en oeuvre avant l’ « Effondrement ». Le niveau d’intrication dans l’espace urbain des réseaux de transport et des points de distribution doit épouser l’échelle du quartier. Ainsi, les grandes surfaces (ex. ZI Nord de Limoges) ne pourront plus à l’avenir répondre aux besoins de la population. Les points de distribution seront au plus près des groupements d’habitant.e.s pour que ces derniers puissent accéder et transporter facilement leur « panier » à l’aide de mobilités douces jusqu’à leur habitat. Dans les espaces péri-urbains, l’agriculture péri-urbaine pourra subvenir dans une certaine mesure aux besoins alimentaires de leurs habitant.e.s. Comme le montre la carte ci-dessus, les communes comme Bonnac-la-Côte (AAT = 0,9), Panazol (AAT = 0,1) et Rilhac-Rancon (AAT = 0,3), ne pourront répondre seules à leurs besoins. Or ces dernières communes sont fortement dépendantes des transports motorisés individuels et ne sont pas historiquement organisés autour de réseaux et gares ferroviaires ou transports apparentés. Pour pallier à ce déficit structurel, les points de collecte/distribution de quartiers seront fortement dépendants du « colportage ». Le transport « animale » (animaux de trais) admet un certain potentiel mais il sera fatalement long à mettre en place que ce soit en terme de naissances, de formation (pour les humains et les non-humains), de sustentation, etc. Des efforts devront donc être employés pour assurer l’approvisionnement alimentaires dans ces secteurs qui risquent d’être durablement en tension. Nous pouvons par exemple imaginer des systèmes de draisines et des infrastructures viaires ferrées légères (comme dans les espaces urbains éloignés des principales plateformes multimodales).

L’un des objectifs d’une biorégion, sur le plan alimentaire, est de planifier une production supérieure aux besoins de sa population, laquelle est potentiellement acquise suivant le processus de transition agroécologique. Cette marge de sécurité permettrait à la fois de répondre à (1) un déficit de production dans un ou plusieurs secteur(s) lié par exemple à une catastrophe naturelle, (2) une augmentation significative de la population de la biorégion (cas d’un exode urbain ou de l’accueil de réfugié.e.s climatiques, etc.), (3) une demande humanitaire dans un ou plusieurs autre(s) bassin(s) de consommation.

Conclusion

Bien que réalisé à l’échelle des communes du bassin versant de la Vienne, le dimensionnement de la biorégion urbaine sera nécessairement réduit à l’espace minimal permettant (1) de suivre au mieux les continuités écologiques, boucler les flux biogéochimiques (N&P) et les réseaux viaires ferrés historiques nécessaires à la logistique propre à ce système de péréquation alimentaire, et (2) de répondre aux besoins alimentaires de sa population. La transition agroécologique et la relocalisation de l’alimentaire vont nécessiter de grands travaux d’aménagement au niveau de l’intrication territoriale des réseaux viaires. Avec la décroissance du ferroutage depuis la désindustrialisation, nombres de tronçons de voies ferrées et dessertes sont laissées à l’abandon. Il sera nécessaire de les remettre en état, voire même, dans certains zones, d’en déployer de nouveaux.

Notons que les systèmes alimentaires (production, transformation, distribution, consommation) ne sont pas encore perçus dans leur entièreté. Si l’objectif est que les systèmes alimentaires territoriaux soient permacirculaires, il faut alors pleinement intégré l’usages des ressources à l’origine des productions/transformations (agro-fournitures – ex : engrais, énergie, eau), ainsi que les « sous-produits » (déchets compostables, etc.). Dans la boucle, les services intervenants dans la chaîne logistique comme la réparation des outils agricoles, la restauration collective, la distribution, etc. sortiraient aussi du capitalisme.

Le modèle de transition agroécologique défini par Solagro à travers le scénario Afterre2050 présente plusieurs limites. Si l’on suit les principes d’une « agriculture biomimétique post-carbone » (Malézieux, 2012 ; Chapelle et al., 2015), à savoir :

  1. créer des agroécosystèmes de poly-culture poly-élevage, donc abandonner définitivement la monoculture,
  2. conserver intégralement dans l’espace et dans le temps une couverture organique des sols (abandon du labour),
  3. analyser et sélectionner les relations de coopération et/ou de compétition entre espèces de l’agroécosystème (ex : lutte biologique écosystémique avec des auxiliaires de culture),
  4. travailler à la résilience de l’agroécosystème en y intégrant des espèces adoptant des stratégies différentes en fonction du stade de développement de l’écosystème (cas des forêt-jardins) ;

alors nous observons que les grandes lignes directrices et propositions concrètes d’adaptation dans Afterre2050 ne sont pas suffisantes : continuation de la monoculture (même bio), intrants, pétrole (même si leur consommation diminue par rapport à l’existant, en adéquation avec le scénario négaWatt – par exemple, le fret routier ne diminuerait que de 33 points (86 à 53%) d’ici 2050). Suivant des modèles agroécologiques et permaculturels (exemple de la ferme du Bec Hellouin (Ch. & P. Hervé-Gruyer, 2014)), les agroécosystèmes, comme cellules autonomes des paysages comestibles de demain, sont potentiellement en mesure d’être très productifs, voire largement plus productifs que des systèmes « biologiques » en monoculture conventionnelle. De plus, bien avant l’horizon 2030 (dans 10 ans…), la population agricole doit à la fois être largement renouvelée mais aussi revenir à un niveau quasi pré-pétrole afin de créer un réseau d’agroécosystèmes résilients.

Il s’agit enfin d’étudier la question de l’auto-administration de la péréquation alimentaire biorégionale. Plusieurs hypothèses peuvent être envisagées comme son adéquation avec des systèmes d’échanges locaux (SEL) et/ou une politique de rationnement alimentaire, soit sous la forme de ticket de rationnement, soit sous la forme d’une « Sécurité Sociale de l’Alimentation » (SAA).

  • Le SAA est une proposition mise au point à la fois par Ingénieur Sans Frontière (ISF) France (lien) ou encore par Bernard Friot, sociologue et économiste (lien). A l’image de notre « carte d’assurance maladie », nous aurions toutes et tous une « carte d’assurance alimentaire » avec un crédit mensuel permettant d’acheter nos produits alimentaires chez des « professionnels conventionnés ».
  • Le rationnement alimentaire est un système égalitariste et de planification ayant fait ses preuves, par exemple, au Royaume-Uni durant la Seconde Guerre Mondiale. Plus qu’un outil de contrôle de la production et de la consommation, il s’est révélé être un outil « convivial » (Szuba, 2017) : le rationnement permet de tenir des limites des écosystèmes (eau, pollution, biomasse, etc.), un contrôle démocratique & autonome des activités de production et de distribution, et est profondément social (accès égalitaire à l’alimentation, alimentation saine et équilibrée, etc.) car émancipe les individus des contraires économiques et sociales que nous connaissons aujourd’hui.
  • Les SEL (ou monnaies locales) permettent de sécuriser et de développer des activités au sein d’un cycle économique territoriale. Selon son degré d’intégration dans la sphère économique locale, le SEL permet en théorie d’émanciper nombre d’acteurs économiques des monnaies nationales et internationales. Cette forme particulière d’indépendance financière permet d’assurer en partie la résilience financière d’activités au sein du système alimentaire local. Mais elle ne permet pas d’émanciper les individus « consommateurs » de leurs propres contraintes économiques car le plus souvent (ex. cas du Lou Pelou), l’échange de l’Euro (ou autres) vers la monnaie locale dépend du capital économique et environnemental de l’individu et de la disponibilité du circuit-court et de proximité (spatial et temporel).

Afin que cet outil soit un levier pour la transition agroécologique et pour la reterritorialisation de l’alimentation, il s’agirait de soutenir les producteur-trice-s en agriculture alternative en les sortant du secteur du marché compétitif. La terre deviendrait nécessairement un bien-commun, comme système de ressource, tout comme son travail. Les outils de planification, donc autonomes vis-à-vis des intérêts privés, comme le rationnement alimentaire permettent aussi, en toute logique, de répondre aux déséquilibres  démographiques et d’aménagement du territoire entre les communes (espaces ruraux productifs peu denses vs espaces urbains « non productifs » denses). Il renforce aussi les mécanismes de coopération ville-campagne et donc s’oppose aux processus de décroissance dans les communes rurales, associés à la métropolisation et à la périurbanisation.

La Sécurité Sociale, telle que définie par Ambroise Croizat à la tribune de l’Assemblée Nationale du 8 août 1946, voit la « gestion des caisses [être assurée] par les intéressés eux-mêmes« , c’est-à-dire par les travailleur-se-s du pays. La Sécurité Alimentaire, quelles que soient ses modalités (rationnement, crédit mensuel…), doit pouvoir suivre le même principe. Ainsi, ce serait à l’ensemble des acteurs du système alimentaire territorial, des producteurs jusqu’aux consommateurs, d’assurer ce service d’intérêt général et indépendamment d’institutions centralisées.

Auteur : Denis Huret. Date de publication 06 avril 2020. Tous droits réservés.

La COP2 Etudiante : le week-end du 4 et 5 avril à Grenoble

Les inscriptions à la COP 2 Etudiante sont ouvertes !

Le week-end des 4 et 5 avril se déroulera la COP2 Etudiante sur le Campus de l’Université Grenoble Alpes.

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Pour cette 2ème édition, un festival, un forum et une COP, sont organisés durant le Week-end.

L’objectif ? Echanger, discuter, débattre, et élaborer des propositions d’engagements concrètes en faveur de la prise en compte des enjeux environnementaux dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Les établissements d’enseignement supérieur et de recherche sont invités à former des délégations pour rejoindre l’événement : l’Université de Limoges a décidé d’y participer et des membres de Campus à Cultiver s’y rendent  !

Étudiants, personnels, tout le monde peut prendre part à cette délégation. Le départ en bus est prévu le vendredi 3 avril, en direction de Grenoble. Les frais de transport et d’hébergement sont pris en charge.

Pour vous inscrire, merci de compléter ce formulaire  : https://forms.gle/kHJmY8ztTNjLVeUk8 .

Pour en savoir plus sur l’évènement, rendez-vous sur : https://cop2etudiante.org/

Cette terre qui nous nourrit : un événement Terre de Liens Limousin !

Pour en savoir plus sur les initiatives agro-écologiques en Limousin portées par l’association Terre de Liens, rendez-vous le mercredi 11 mars, à partir de 19 heures, à l’auditorium de la Bibliothéque Francophone Multimédia de Limoges.

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L’association Terre de Liens Limousin organise un temps d’échanges avec Claire et Gaël, deux jeunes trentenaires qui s’installent à la ferme de Sailles, sur la commune du Vigen, près de Limoges pour lancer une activité boulangère et maraîchère en agriculture biologique.

Au programme :

  • Une présentation de la ferme des Sailles, de Claire et de Gaël et de leur activité boulangère et maraîchère
  •  Des explications pour tout savoir sur l’épargne citoyenne permettant d’acquérir cette 7ème ferme Terre de Liens en Limousin !
  •  Un temps d’échanges avec de nombreux intervenants : Claire et Gaël, Julien Dellier, maître de conférences en géographie au sein du laboratoire GEOLAB et spécialiste des circuits de proximité, Hervé Covès, ingénieur agronome, frère franciscain, amoureux de la nature et passionné par l’agro-écologie et le vivant, et Freddy le Saux, membre de Terre de Liens.

 

 

 

Les Sciences Citoyennes : un outil d’empowerment

D’après le rapport publié en février 2016 sur l’état des lieux des sciences participatives en France, les « sciences participatives [sont des] sources de production de connaissances scientifiques auxquelles des acteurs non-scientifiques-professionnels – qu’il s’agisse d’individus ou de groupes – participent de façon active et délibérée« . Pour reprendre l’une des conclusions du rapport, les sciences citoyennes représentent un « phénomène mondial« , « en augmentation » et « de façon polarisée en France » sur l’agriculture et l’environnement. En effet, en France, ce sont déjà des milliers de passionné.e.s, notamment des écosystèmes, qui donnent de leur temps pour produire des connaissances d’intérêt générales.

Les formes que prennent les sciences citoyennes sont très nombreuses, tout comme le nombre d’acteurs participant à ce phénomène. Ainsi, dans cet article, seuls quelques exemples seront présentés : la production de connaissances sur la biodiversité et la cartographie participative.

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Recette : Sauce au vinaigre balsamique

Pour 2 personnes – 15 min de préparation – 40 min de cuisson

  • 2 belles échalotes
  • 3 gousses d’ail
  • Une douzaine d’oignons grelot (ou 3 gros oignons coupés en dés)
  • 1 cuillère à soupe de concentré de tomate
  • 1 litre de bouillon de légume
  • 1 cuillère à soupe de Maïzena
  • 20 cl de vinaigre balsamique

Dans une cocotte, avec un filet d’huile, faire revenir les échalotes et l’ail hachés sans trop les faire colorer.

Ajouter le concentré de tomates, la moitié du vinaigre balsamique et les oignons grelots.

Laisser réduire pour obtenir une texture bien sirupeuse.

Déglacer avec le bouillon de légume puis laisser mijoter à feu doux.

Délayer la Maïzena dans un peu d’eau froide. Verser dans le bouillon.

Ajouter le reste du vinaigre balsamique. Laisser réduire quelques minutes.

Quelques conseils d’accompagnement (facultatif) :

Gratin de pâtes :

St-Marcelin, 1 cuillère à soupe de moutarde, 1 culière à soupe de moutarde à l’ancienne, crème liquide, Conté rappé. Bien mélanger avec les pâtes encore chaudes avant la phase de cuisson au four.

Deux recettes de fin d’été

Allez, aujourd’hui, deux recettes pour le prix d’une, on est comme ça à Campus à Cultiver, on ne compte pas.
Donc, ça y est, c’est l’automne. Personnellement, je n’ai toujours pas fait mon deuil de l’été (je suis encore dans la phase de déni). Or, cette semaine, je n’avais pas eu le temps de cuisiner les aubergines et les courgettes de l’AMAP : voilà donc de quoi les préparer si c’est également votre cas, et avoir encore un peu l’impression d’être à la belle saison !

Pour les courgettes, vous aurez juste besoin d’une poêle ou d’une casserole, pour les aubergines, il vous faudra un four. Allez, on enfile son tablier et on se met à la popote. Lire la suite

Tian aux trois légumes

6 personnes – 15 min de préparation – 25 min de cuisson

  • 3 courgettes ;
  • 4 tomates ;
  • 3 aubergines ;
  • 2 oignons ;
  • 1 piment vert (facultatif) ;
  • 1 gousse d’ail ;
  • 3 cuil. à soupe d’huile d’olive ;
  • 1 brin de thym ;
  • gros sel, sel fin, poivre.

Rincez et séchez les légumes. Coupez les en tranches fines. Placez les aubergines dans une passoire, parsemez-les de gros sel et laissez les dégorger pendant 20 min. Épongez-les.

Chauffez le four th. 7 (210°C). Frottez un tian (ou un grand plat creux en terre) avec la gousse d’ail. Ranger verticalement les tranches de courgette, tomate et aubergine en les alternant.
Parsemez les légumes du brin de thym effeuillé et des oignons épluchés et émincés. Salez et poivrez. Arrosez d’huile d’olive.
Laissez cuire au four 10 min, puis régler le four à th. 6 (180°C). Ajoutez le piment vert émincé et poursuivez la cuisson pendant encore 15 min.
Dégustez bien chaud !!

Quelques conseils d’accompagnement (facultatif) :

Se déguste avec un poisson grillé ou une épaule d’agneau rôtie. Accompagnez d’un coteaux-varois rosé, vers 8°C.
Vous pouvez aussi ajouter des pommes de terre coupées en fines rondelles. En cours de cuisson, elles absorberont le jus des autres légumes.

Aubergines des Causses

2 personnes – 10 min de préparation – 30 min de cuisson

  • 2 belles aubergines ;
  • 100 g de roquefort ou Bleu des Causses ;
  • 1 cuillerée à soupe de cerneaux de noix concassés ;
  • 1 gousse d’ail ;
  • 4 cuillerées à soupe d’huile ;
  • 1 briquette de coulis de tomates ;
  • 1/2 verre d’eau.
Couper les aubergines en fines rondelles.
Écraser l’ail, le roquefort, les noix et le coulis de tomates.
Dans une sauteuse, verser 2 cuillerées à soupe d’huile, disposer des tranches d’aubergines et un peu de farce. Renouveler l’opération jusqu’à épuisement des éléments en terminant par une couche d’aubergines.
Arroser de 2 cuillerées à soupe d’huile et du 1/2 verre d’eau.
Couvrir et laisser cuire à feu doux pendant 1/2 heure environ. Si besoin est, rajouter un peu d’eau pendant la cuisson.
Contrôler la cuisson avec la pointe d’un couteau.
Bon appétit !!

Réduction des déchets : La grande épopée des LOGOS

Je sais pas pas pour toi mais pour moi la réduction des déchets.. c’est galère ! Effectivement, le premier pas, , c’est un secret pour personne, c’est de choisir des produits sans emballage, jusque là ça va : shampoing solide, vracs, faits maison, etc … Les emballages que je consomme je les recycle ! Ici à Limoges, poubelle bleue recyclable, poubelle verte … Non-recyclable …. Bon déjà cherche la logique, à la GRANDE ET IMPERIABLE ERE DU GREEN WASHING, y’en a qui ont pas dû bien comprendre le concept de code couleur. BREF ! Souvent c’est un peu plus compliqué que leur histoire de deux poubelles…

Imagine toi que l’autre jour, j’étais chez des ami.e.s, on mange des gâteaux industriels. (Ouais je sais c’est pas écolo si tu veux à deux heures du mat’ c’est plus compliqué de trouver un coin bio ouvert. Et là tu vas me dire, mais pourquoi t’étais debout à manger à deux heures du mat’ ? Mais écoute Michel, là n’est pas le propos !) Et quelle ne fut pas ma surprise de retourner le paquet et de me retrouver face à une MONTAAAAGNE de logos. Et là je me dis : tous ces logos juste pour me dire que c’est recyclable ? Ceci dit il y a des croix sur certains …du coup c’est pas recyclable? J’en sais rien, je comprends rien, il est 2h du mat’ …. Bon bah du coup ça m’intrigue je vais chercher !

Et figure toi Mimi, qu’en fait les logos c’est un peu la course à l’hypocrisie… ou plutôt la course au plus incohérent de la Terre. S’ils avaient pu mettre un nuage nucléaire pour dire ‘Recyclable’ je pense qu’ils l’auraient vraiment fait ces cons. Et c’est là, que je me suis rendue compte, qu’au bout de 4 ans d’asso, et 20 ans de rabâchage scolaire et médiatique sur le recyclage … Je n’y connaissais rien. Non c’est vrai je te jure ! Regarde, si je te mets celui-là :

logoJe suis sûre que tu penses que c’est recyclable. FAUX. En fait ça veut juste dire que l’entreprise a donné, littéralement, quelques centimes à l’Etat pour les collectivités qui le recycleront. Autant dire qu’en fait c’est toi, tête de nouilles, qui les paye sur le prix total du produit, en plus des impôts locaux qui servent exactement à ce recyclage. Tu vois, tu recycles déjà ! Ils sont sympas quand même.

Seulement fais attention, car en plus des logos, chaque ville à sa politique de recyclage : certaines recycleront tous les plastiques (pots de yaourt, gobelets, etc ), alors que d’autres *hmpfhmpf LIMOGES hmpf* ne le font pas ! Donc si tu changes de ville pense à vérifier : les points de collecte et le guide du tri que tu peux retrouver généralement sur les sites internet de ta ville : http://www.agglo-limoges.fr/fr/content/dechets-recyclables

Et comme je suis super sympa et que finalement je t’aime bien Michel. Je vais te partager mon récap du jour. Évidemment, tu peux le partager au max MAIS SURTOUT te renseigner plus en détail sur tous les autres logos qui existent et voir leurs spécificités.

logocf +  logo

Moi je t’emballe bien fort Michel!

Ahah Rapport aux déchets… tu sais… l’humour quoi..

C’est tout pour moi,

McBoiboi

via Ateliers Zéro Déchet